mardi 13 janvier 2009

Les Maudites


un grand remerciement à Annie Griolet


Un autre cycle de nuits dures

Que je haisse mon âme mûre!
Manque de soleil en hiver
Fait vider les arbres sevères
Et fait un double peine au coeur

Tu vois qu'un fantôme me veille
De septembre à mi-janvier
L'appel d'une amie ne sonne
N'arrive des pas de personne
De la silencieuse âme-soeur

Ces cieux gris doublés de nuages
Ne peuvent pénétré nos rages
Les maisons doivent être chauffées
Mais un long froid reste aux pensées
Reveillé nos pires frayeurs

Donc voilà ce sombre poème
N'est qu'un autre hiver sans blême
On y reste à genoux en prière
Attend l'amante meutrière
Frappe à la porte de douleur

Elle crie mon nom sans arrêt
Dans les rues et dans la forêt
Je cherche à mon lit du sommeil
Elle saisit mon cou-de-pied
Elle devient accusateur

<Tu n'a jamais su m'aimer
Tu m'as quittée pour être allée

Dans cette merde tu te vautres
Et m'en laissée pour une autre
Je te hante quand sonne l'heure!>>

Chaque nuit elle vient sans coup
Et entre mon lit pas de loup
Elle m'embrasse sur les lèvres
Après briser tous mes sèvres
Elle me quitte à l'aube, voleur

Je ne peux plus réspirer bref
Mon coeur elle brise derechef
Sans lumière elle me viole
Comme une vieille béstiole
Elle me joue comme aiguilleur

Au bout de l'hiver elle s'en va
Sans un mot d'adieu délicat
Mes frissons ne s'arretent pas
A minuit juste je suis là
Attend ma chère ravisseur

Elle ne vient plus je vous jure
Moi je n'ai que mes fraiches sueurs
J'ai roulé les dès sur la soie
Attend la meilleure de moi
Si elle ne vient pas, je meurs

Maintenant c'est moi à la porte
A profondeur de l'hiver mort
Personne ne reste en dedans
Pendant que je crie d'élan:
Je me dissipe à l'aube en fureur


Tableau: Femme accroupie, Eugène Delacroix

6 commentaires:

John Walter a dit…

Quite a strong, moody poem about the 'alterego' or ' double' figure of the "overrip soul", Laura. The language of personal violation is harsh and chilling, and the work verges on emotional hyberbole at times, as in "worst fears" , " without stop, " " she rapes me" , but that isn't a criticism, just an observation, for the condition of the speaker is indeed extreme in her " pain body."

For some reason, perhaps because so much is being declared and told instead of revealed subtextually and shown, I didn't actually feel much of a feeling connection with this poem. Perhaps also because the work is so 'in extremis', I couldn't relate to it. But you are quite happy with its lyrical force, and I am perhaps weary of poems of accusations, recriminations and explicitly stated feelings of self loathing. This in no way means that I disregard the power of the words. And you are quite happy with this poem, which is all that matters.

Jan Hersh a dit…

C'est beaucoup plus fort en francais
Quite Haunting and I am thinking of the very best of all the french poetry I have ever read.
It is quite tortured poetry...in the sense of quoth the raven never more...
you are on a poetic roll here and I hope this message finds you well and cosy in the midst of Janvier.

Jan Hersh a dit…

Who did the drawing?...it's incredibly fantastic...I love it.

Moineau En France a dit…

c'est vrai, jan, il est beaucoup plus fort en français, et j'ai commencé à regretter une traduction parce qu'il a perdu tout tout! peut-être tu pourrais le traduire avec quelque chose de l'essentiel car je ne peux plus: ce poème m'a épuissée. peut-être tu considérais à faire une traduction... si tu voudrais, si tu pourrais.

j'aime tant ce poème, c'est comme un mauvais enfant, et je te remércie avec tout mon coeur pour tes mots dont (c'est vrai) j'avais besoin car j'ai travaillé avec peu de cesse pendant 10 jours et nuits pour mettre droit sa structure et son ton.

le dessin est de délacroix, "femme acroupie": il y a un crédit sous le poème. merci encore, ma soeur. xoxoxoxoxoxoox

Jan Hersh a dit…

I read them all. The most recent translation succeeds in meaning but not in the rhythm and rhyming flow of the French.
What can I say...but again to applaud you on this unique masterpiece/mistresspiece!

Moineau En France a dit…

what can anyone say, jan? you are right! i guess with the translation que sera sera. there's no way i'll ever achieve the french original. thanks again, though. i'm still in awe of it. xoxooxoxoxox