mercredi 11 août 2010

Comment suivre l'Idéal




Je cours dans la forêt un jour de février. Il a plu toute la journée et les feuilles sont mouillées; je suis trempée des pieds à la tête, fait neuve comme une fleur qui pousse d'une graine, daphnée blanche si odorante je deviens folle, me tombe aux genoux, et reste comme un arbre. De mes orteils poussent des longues racines et de mes yeux poussent des hauts cris... muets.

j'entends quelque chose qui fuit comme le vent:  vite et de nulle part je la vois, une chasseuse avec une peau de bronze, des vêtements comme des ailes de soie transparente, son arc d'or et sa fleche en argent. La femme s'approche de moi et tend la main, son visage si proche, si beau, si rond, un soleil qui brille sur le mien. 

Je veux l'embrasser, j'ai le désir, mais elle se transforme avant que je puis: une biche qui tourne et court dans le bois, sans son et sans jeter un oeil derrière. J'essaie de la suivre mais je n'en peux rien; je suis plantée profondément dans la terre, toute épanouie et enferrée. Je ne peux qu'envoyer après elle mon parfum d'hiver, mon désespoir et une aile qu'elle a laissés embranchés.



2 commentaires:

vivienne blake a dit…

félicitations! Poème mystère et romantique. Le Français - c'est votre langue maternelle?

Moineau En France a dit…

merci beaucoup, vivienne. non, le français est une langue secondaire; j'ai commencé à l'université. j'ai une amie française qui a corrigé des fautes, il y en a trois. elle a dit que il y a des choses qui ne "liraient" pas, mais qu'on ne peut pas les corriger sans une perte du charme et un certain exoticism dans "l'accent". enfin, ce poème m'a beaucoup encouragé. bisous d'oregon ~laura xoxoxox